Conférences de presse

Déclaration de presse du ministre roumain des Affaires étrangères, Andrei Marga, au sujet du référendum national sur la destitution du président de la Roumanie

Speaker: 
Andrei Marga, Ministre des Affaires étrangères
Date: 
07/19/12
Location: 
Bucarest, siège du MAE

Dans le contexte politique interne et international actuel, déterminé aussi par les circonstances spéciales de l'organisation du référendum national au sujet de la destitution du président de la Roumanie, j'ai ressenti le besoin de m'adresser à l'opinion publique de Roumanie et de l'étranger, pour transmettre le message suivant:

1. C'est pour la deuxième fois, dans l'histoire très récente du pays, que les citoyens de Roumanie se trouvent devant l'un des exercices démocratiques les plus complexes. La participation à un référendum est, en soi, un geste définitoire de la démocratie participative. Le recours au référendum offre au peuple, pendant les moments exceptionnels de son existence, la possibilité de se prononcer directement sur les problèmes fondamentaux de l'avenir de la nation respective. Il revêt une signification tout à fait spéciale lorsque l'enjeu est le changement de la direction de l'Etat. Cela implique la responsabilité, je dirais illimitée, de l'électeur, puisqu'entre celui-ci et l'objet très concret du scrutin, l'on ne voit plus s'imposer d'obstacles. Le verdict des urnes est irréversible et décisif. La volonté populaire, issue de la sommation des votes, compte vraiment, en ces moments, plus que jamais. Les gens ressentent ce fait et se comportent par voie de conséquence.

2. Le Parlement de Roumanie, dans l'adoption de la décision concernant l'organisation du référendum, a pris en compte des raisons et des arguments sur lesquels je ne veux pas insister. Je l'ai déjà fait à maintes reprises, ces derniers jours, en m'adressant aux partenaires de l'étranger de la Roumanie, pour leur expliquer pourquoi et comment on est arrivé dans cette situation. Je l'ai fait en nourrissant la conviction que dans mon pays la démocratie a des racines suffisamment puissantes pour que les processus politiques complexes puissent être gérés de manière équilibrée, par des institutions solides, stables et crédibles.

Un de ces complexes institutionnels est la Justice, dont les décisions ont été, sont et seront respectées. Personne ne devrait en douter. Nous avons l'intérêt vital de faire en sorte que tous les processus et toutes les évolutions politiques démocratiques respectent le cadre constitutionnel. Or, en dehors de ce cadre, il n'y a pas et il ne peut exister une démarche réelle vers le progrès social et le développement économique. Je l'ai dit et je le répète à haute voix: le caractère légitime du processus qui a conduit à l'organisation du référendum repose sur le règne de la loi et le respect de la Constitution, sans exception et sans approximation.

3. Sous ce jour, le ministère que je dirige a fourni des efforts professionnels significatifs pour assurer, à brève échéance, les conditions propices à l'exercice du vote par les citoyens roumains de l'étranger. Ces efforts ont été couronnés de succès. L'on a organisé plus de 300 sections de vote, sur six continents, grâce à l'appui qualifié des ambassades et des offices consulaires, ainsi qu'avec l'aide extraordinaire des communautés toujours plus nombreuses et mieux organisées des Roumains de plus de 90 pays. Je m'adresse à eux, en premier lieu, je les remercie et je les félicite de l'attitude civique remarquable, qui aura bien ses conséquences et ses effets uniquement par une participation massive au référendum du 29 juillet 2012.

4. Je peux comprendre tous ceux qui ont douté de notre capacité, en tant qu'institution, de mobiliser, en quelques jours seulement, des énergies et des ressources considérables pour aboutir à ce résultat. Leur scepticisme était surtout justifié par les vices d'organisation ou la présence réduite aux urnes, lors des scrutins antérieurs. J'ai maintenant la conviction que les signaux transmis par les associations des Roumains d'Europe et d'Amérique du nord, d'Australie et d'Amérique du sud, sont une preuve que les sections de vote seront maintenant pleines de gens qui savent que leur volonté est importante. Le simple fait qu'on peut voter sans aucune restriction relevant de la résidence ou du domicile, pousse à la participation et à l'implication plébiscitaire à une échelle jamais atteinte lors des scrutins antérieurs. Le moment est donc venu de nous montrer, à nous même, qu'il ne nous est pas indifférent de voter ceux qui nous dirigent.

5. Dans dix jours nous allons apprendre si nos espoirs sont devenus réalité. Indifféremment des résultats du scrutin, le niveau de la présence aux urnes indiquera pourtant la mesure dans laquelle la leçon de l'exercice des droits conférés ces 20 dernières années, par la Constitution, s'est transformée en reflexe civique et en coutume sociale. On verra aussi ce que nous avons réussi à suivre des modèles politiques et culturels des pays où nous avons choisi de vivre, ou avec lesquels nous  avons choisi d'entretenir des relations très étroites, au sein d'une famille fondée sur les valeurs de la liberté individuelle, de la solidarité sociale et de la responsabilité civique. Merci de m'avoir suivi !