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Conférence internationale « La Cour Pénale Internationale: 10 ans depuis l'entrée en vigueur du Statut de Rome, 115 ans depuis la naissance de Vespassian Pella»

Type: 
Communiqué
Date: 
27/11/2012

Le ministère roumain des Affaires étrangères, en collaboration avec la Faculté de Droit de l'Université de Bucarest et l'Association de Droit International et des Relations Internationales, a organisé en ce 27 novembre 2012, une conférence internationale sur « La Cour Pénale Internationale – 10 ans depuis l'entrée en vigueur du Statut de Rome, 115 ans depuis la naissance de Vespassian Pella, fondateur du droit pénal international ». L’événement, déroulé en présence d'Awn Shawkat Al-Khienasawneh, ancien vice-président de la Cour Internationale de Justice, ancien premier ministre du Royaume Hachémite de Jordanie, fut ouvert par le maître de conférence Dr. Flavius Antoniu Baias, doyen de la Faculté de Droit.

La conférence s'inscrit dans la série d'événements consacrés par le ministère roumain des Affaires étrangères au 10-e anniversaire du Statut de Rome, au 115-e anniversaire de la naissance et à la 60-e commémoration du diplomate et juriste roumain Vespassian V. Pella, promoteur de l'idée de créer un tribunal pénal international permanent.

Au cours de cette conférence, Bogdan Aurescu, secrétaire d'Etat aux Affaires stratégiques, a soutenu une intervention sur la vie et l'activité du juriste et diplomate roumain Vespassian V. Pella, soulignant sa contribution remarquable au développement du droit pénal international. La vision de Pella à l'égard de l'organisation et du fonctionnement d'un tribunal pénal international à caractère permanent coïncide, en grande mesure, avec la structure de l'organisme pénal de juridiction fondé par le Statut de Rome, reflétant aussi le caractère actuel de l'idée à laquelle faisait foi Vespassian Pella. « L'expérience historique nous a fait voir que la vision de Vespassian Pella était correcte. Un tribunal pénal international est un instrument nécessaire pour promouvoir la paix et la sécurité, une mesure adéquate de protection des droits de l'homme, au niveau mondial, par son caractère préventif, punitif et réprimant », a précisé le secrétaire d'Etat Aurescu.

« Le statut de Rome fut adopté, jusqu'à présent, par 121 Etats-parties, mais l'effort d'obtenir l'universalité se poursuit. L'universalité veut qu'un nombre toujours plus grand d'Etats soient encouragés à ratifier le Statut. L'engagement de la communauté internationale, dans son ensemble, est essentiel pour combattre l'impunité au niveau global et pour rendre le Tribunal Pénal International toujours plus puissant. La Roumanie tient en ce sens un rôle important, puisqu'elle est un promoteur de l'universalité au rang des structures de l'Assemblée des Etats-parties. La Roumanie soutient et encourage la ratification et l'application complète du Statut de Rome », a déclaré Bogdan Aurescu.

L'officiel roumain a évoqué aussi l'initiative lancée en 2007, année consacrée entièrement à la mémoire de la personnalité de Vespassian Pella, a savoir d'attribuer son nom a une salle du nouveau siège de la Cour Pénale Internationale de la Haye, en signe de haute considération de la vie et de l'activité du diplomate et juriste roumain.

Dans son discours, Bogdan Aurescu a remarqué qu'à l'heure actuelle, par l'activité déployée au cours des 10 premières années d'existence, la Cour Pénale Internationale n'est plus seulement une communauté d'Etats ou d'idéaux, mais une institution entièrement fonctionnelle, un acteur essentiel dans la lutte contre l'impunité des infractions les plus graves, qui préoccupent la communauté internationale, une garantie de la protection des droits et de la dignité des victimes: « L'activité du Tribunal Pénal International, au cours de cette année universitaire, illustrée par la décision dans l'affaire Thomas Lubanga Dyilo, vient prouver, une fois de plus, que ce Tribunal est plus qu'une communauté d'Etats et d'idéaux. Elle prouve, de manière éloquente, qu'il s'agit d'une institution pleinement fonctionnelle, d'un acteur clé dans la lutte contre l'impunité de ceux qui ont perpétré les crimes les plus graves, soumis à l'attention de toute la communauté internationale. C'est aussi une garantie, pour les victimes des atrocités les plus graves, que la justice va finalement l'emporter et que les coupables sont jugés, pour leurs faits, afin que les droits de l'homme et la dignité humaine soient protégés ».

Awn Shawkat Al-Khasawneh a mis en relief, à son tour, la contribution importante de l'homme de droit roumain Vespassian Pella au développement du droit pénal international et a présenté sa vision de l'avenir et de l'évolution de la CPI, ainsi que les tendances majeures du droit international. « Les juridictions pénales internationales, la CPI y compris, attirent l'attention de l'opinion publique puisqu'elles sont l'endroit ou le droit rencontre la politique, frôlant ainsi des zones sensibles et des convictions pro- fondement enracinées. L'auteur de crimes massifs peut être considéré, par certains, comme un héros national, ce qui confère au droit pénal international son coté subjectif et les réactions unanimes sont d'autant plus difficiles à obtenir, dans un contexte international complexe » déclare Awn Shawkat Al-Khasawneh, qui exprime ainsi l'espoir qu'à travers le comportement de modèle et le courage moral, le TPI peut constituer une graine d'espoir dans un monde agité.