Interviews

« Le partenariat avec l’Union européenne constitue le modèle le plus sûr pour le développement démocratique et économique de la République de Moldavie »

Speaker: 
Lazăr Comănescu, ministre des Affaires étrangères et Harlem Désir est Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la République Française, chargé des Affaires européennes
Date: 
06/15/16


Il y a presque deux ans, le 27 juin 2014, la République de Moldavie signait un Accord d’association avec l’Union Européenne. Cette signature couronnait les efforts et les premiers succès du pays sur le chemin des réformes et du rapprochement européen. Elle était source de grands espoirs et de projets ambitieux pour l’avenir. Les attentes des citoyens qui avaient soutenu le projet européen étaient nombreuses, et les responsabilités des autorités désormais chargées de la mise en œuvre des réformes ambitieuses liées à l’application de cet accord étaient élevées.

Or les deux années qui se sont écoulées depuis ont été particulièrement troublées en Moldavie. Les espoirs suscités par cet accord ont été ternis par des controverses politiques, des tensions sociales et des difficultés financières. Confrontés aux défis quotidiens, à la corruption et à l’instabilité politique, les citoyens moldaves ont perdu patience dans les promesses qui leur avaient été faites. Aujourd’hui, ils attendent des réponses et surtout des actions concrètes.

L’idée européenne a de ce fait perdu son élan depuis deux ans, et c’est un paradoxe.

En effet, les citoyens de République de Moldavie, comme partout en Europe, aspirent à un avenir prospère dans un État de droit, libre et démocratique, débarrassé de la corruption et offrant à tous des opportunités égales. Aucun modèle ne permet, mieux que le rapprochement européen, de répondre à ces aspirations légitimes au renforcement de l’État de droit, à la consolidation des institutions démocratiques et à un développement économique profitant à tous. Le développement remarquable des pays d’Europe centrale et orientale lors des dernières décennies montre le succès de ceux qui ont suivi cette voie. C’est également le choix qu’a effectué la République de Moldavie en s’engageant dans la voie d’un Accord d’association avec l’Union européenne.

Demain, c’est en tant que co-présidents français et roumain du Groupe pour l’Action européenne de la Moldavie, mais surtout en tant qu’amis de la Moldavie, que nous nous rendons en visite conjointe à Chisinau, pour y rappeler notre espoir de voir ce pays reprendre la voie du succès. Le développement de la Moldavie, profitant de manière équitable à tous ses citoyens, est un but partagé à Bucarest, à Paris et à Bruxelles. Nous sommes convaincus qu’il sera favorisé par l’approfondissement crédible des réformes et la mise en œuvre équilibrée des dispositions de l’Accord d’association, dont  le respect des principes démocratiques, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales constitue un élément essentiel.

Nous sommes conscients des défis que représente pour le pays la mise en œuvre des réformes nécessaires à la garantie de l’État de droit et à la mise en place d’une économie transparente et compétitive. Ces réformes demandent du courage pour faire changer les habitudes, affronter les intérêts particuliers et lutter la corruption. Mais il s’agit de la meilleure garantie de la stabilité et de prospérité sur le long terme.

Des reformes convaincantes, solides et approfondies sont la meilleure réponse que Chisinau peut apporter aux attentes concourantes des citoyens et des amis européens de la Moldavie. Nous saluons les mesures déjà prises à cet égard et encourageons fortement le Gouvernement à continuer avec une détermination accrue. Car selon les mots du sculpteur Constantin Brancusi, véritable pont entre les cultures roumaine et française : « Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c’est de nous mettre en état de les faire ».