DISCOURS

Speaker: 
Teodor Meleșcanu, ministre des Affaires étrangères
Date: 
08/29/18
Event: 
Réunion annuelle de la diplomatie roumaine – édition 2018
Location: 
Bucarest

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le vice-président de la Chambre des députés,

Mesdames et Messieurs les membres du Parlement de la Roumanie,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement de la Roumanie,

Mesdames et Messieurs ambassadeurs et consuls généraux de la Roumanie à l'étranger,

Mesdames et Messieurs ambassadeurs accrédités à Bucarest,

Mesdames et Messieurs, représentants du corps diplomatique de la Roumanie et du corps diplomatique à Bucarest,

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

 

Nous nous réunissons cette année dans un exercice collectif de réflexion sur le rôle de la diplomatie dans le Centenaire de la Roumanie - un thème qui s’impose, je dirais, en 2018, d’une portée particulière, d'une grande importance.

Je retournerai aux années d’efforts pour aboutir à la Grande Union, afin de rendre hommage à l'une des personnalités qui l’ont rendue possible, mais aussi de me faire l'écho du message qui nous a été transmis par ces générations.  

Ion I.C. Brătianu, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, disait en août 1919, à Sibiu, lors d’une réunion du Conseil National, que le mot même Union nous montre quelles sont nos devoirs partagés : l'union de tous les Roumains, à savoir l'union de toutes nos consciences, l'union de toutes nos énergies pour un but commun. Aujourd'hui, quand nous avons réalisé cette Grande Union, nous avons bien sûr l’obligation de gratitude envers ceux qui l’ont rendue possible par leurs souffrances, par leur travail mais surtout par leur foi.

Pour nous, en tant que diplomates et même en tant que membres de la société roumaine, c’est une occasion sans pareille de réflexion et d'évaluation à l'échelle de l’histoire : nous avons reçu en héritage une Roumanie des générations précédentes, réunie après la Première Guerre mondiale, mise à rude épreuve pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les décennies suivantes. La Roumanie d’aujourd’hui est le résultat cumulatif de ce que nous avons repris et de ce que nous avons accompli grâce à notre travail, le travail de la société, des institutions, des citoyens et des autorités de l'État. Les idéaux des générations précédentes nous ont toujours guidés, mais nous devons également nous demander quelle Roumanie nous laissons aux générations futures et, surtout, quelles valeurs et quels idéaux. En portant le regard sur le passé, je peux dire que la politique étrangère de la Roumanie a été, dans les moments charnière de notre histoire contemporaine, un idéal commun.

Des vives disputes politiques, il y en a bien eu et du temps de l'Ancien Royaume et pendant la Première Guerre mondiale. Mais les sacrifices sur le champ de bataille ainsi que les exercices démocratiques ont été faits grâce au consensus politique, à la vision stratégique largement partagée ou, du moins, largement acceptée par la classe politique.

 

Après 1989, les idéaux d'intégration dans la communauté européenne, dans l'espace culturel et de valeurs, social et politique de l'Occident, ont resurgi avec la plus grande intensité. Réforme, modernisation et développement du pays ont été possibles grâce au consensus de l'ensemble de la classe politique sur les objectifs de l'intégration de la Roumanie à l'OTAN et à l'UE. C'est un consensus ancré dans l’ample soutien des citoyens de la Roumanie.

Cela fait 15 ans depuis notre entrée dans l'OTAN et plus de 10 depuis que nous sommes devenus membres de l'UE. La Roumanie a atteint ses objectifs historiques et jouit d’un niveau de sécurité et de prospérité sans précédent.

Mais, malheureusement, nous nous trouvons dans un contexte global fluide, dans une période de contestations ouvertes ou dissimulées, de rééquilibrages fondamentaux dont la configuration finale est fort difficile à prévoir. Les foyers de conflit se sont multipliés, les conflits latents ou gelés se sont aggravés, l'instabilité et le potentiel de conflit persistent. C’est précisément dans notre voisinage que nous assistons à des attaques sans précédent contre les normes internationales et le multilatéralisme.

Nous sommes également confrontés à ce qu'on appelle des menaces hybrides et à des instruments beaucoup plus subtils, dont l'efficacité parfois prouvée érode les ressources de cohésion des sociétés occidentales. Dans ce contexte, et gardant en tête l’ensemble des tendances mondiales qui se profilent, j’affirme en toute responsabilité que nous ne pouvons pas nous permettre d'être divisés, en tant qu’institutions, en tant que projection extérieure, en tant que société. Notre politique étrangère et notre diplomatie peuvent et doivent rester un lien, un lien fondamental de la société et l'un des moteurs de la modernisation, du développement et de l'affirmation européenne et internationale de la Roumanie.

Chers invités,

Chers collègues,

Les tendances actuelles sur la scène internationale appellent une attention particulière et une connaissance approfondie, que la diplomatie roumaine, de concert avec d’autres institutions de l'État, peut apporter aux décideurs politiques.

Malheureusement, l'environnement de sécurité est marqué par l'effondrement des frontières traditionnelles entre l’espace virtuel et l’espace réel, entre une approche nationale ou internationale des aspects de sécurité, ce qui entraîne un état d'ambiguïté et d'incertitude, y compris pour définir l'état de paix ou guerre.

En même temps, la technologie moderne modifie la structure du système international, et les flux d’informations posent un véritable défi pour l’exercice de la profession de diplomate. Aujourd'hui, la circulation de l'information est instantanée et universelle. Les nouvelles technologies numériques ouvrent d'immenses possibilités aux diplomates, mais créent, également, les vulnérabilités auxquels nous sommes confrontés.

Le monde change de plus en plus rapidement par rapport à la période d’après la guerre froide. L'accélération des turbulences est donnée par le phénomène de mondialisation, entré lui aussi dans une accélération importante grâce aux interdépendances et à la communication instantanée et, pratiquement, universelle, aux transports extrêmement rapides et au nombre des citoyens qui voyagent partout dans le monde.

Il y a en même temps, malheureusement, des contestations massives et des réorganisations de l'ordre international, sans un plan global, sans gestion des phénomènes et des dommages causés par cette accélération, de sorte que les différents États, aux défis stratégiques divers, essaient de tirer les meilleurs profits des opportunités offertes par ces changements, par un positionnement plus avantageux ou en induisant ou en dessinant la perspective de rééquilibrage du monde.

C’est pourquoi, pour les diplomates, il est plus important que jamais que nous nous concentrions sur la modernisation des modalités de définir les options de réponse aux actions qui ne franchissent pas le seuil de l'article V du Traité de l'Atlantique Nord.

Les ressources allouées à la politique étrangère et à la diplomatie roumaine se situent au niveau offert par notre économie. Nous avons actuellement 171 offices diplomatiques et consulaires, nous avons augmenté le personnel et nous avons accueilli, ces deux dernières années, dans le ministère des Affaires étrangères, un grand nombre de nouveaux diplomates, mais sans atteindre le niveau du personnel qui existait avant les coupes massives de 2010.

Les besoins croissants exigent aussi un engagement majeur de notre diplomatie en ce qui concerne les savoirs, les sources de pouvoir et d'influence sont de plus en plus diversifiées et sophistiquées, et il revient à la diplomatie roumaine la tâche d'identifier ces sources dans les États accréditaires, afin d'avoir une compréhension en détail des meilleures options de réaction de notre pays et d'adaptation de la Roumanie au nouveau contexte et de promotion de l'intérêt national.

Pour la plupart, nos citoyens ne connaissent pas en détail l'activité de la diplomatie roumaine et ils se fient à des perceptions qui sont souvent subjectives. La communication entre les missions diplomatiques et les offices consulaires, d’une part, et le ministère des Affaires étrangères d’autre part devra être l’un des thèmes prioritaires de votre activité.

Chers invités,

Chers collègues,

Le partenariat stratégique avec les États-Unis est un élément fondamental de notre politique étrangère.

Nous croyons fermement que de nombreux problèmes mondiaux trouveront des solutions appropriées à travers une relation transatlantique solide, ouverte, fondée sur la connaissance des intérêts communs fondamentaux pour la paix et la stabilité de l'ordre international. On a besoin d’un dialogue plus ouvert et pragmatique pour une compréhension plus approfondie des objectifs et des priorités de chaque partie. C’est la conclusion principale à tirer des nombreux contacts au sommet et sectoriels qui ont eu lieu dans le cadre du dialogue stratégique entre la Roumanie et les États-Unis en 2018, des contacts d’une fréquence et substance sans précédent.

La sécurité est l'un de ces thèmes, et l'OTAN reste ici le cadre de référence pour la communauté euro-atlantique. Le Sommet de l'OTAN à Bruxelles, qui a eu lieu cette année, a réitéré la capacité d'unité des alliés et l'importance de l'Alliance dans le contexte sécuritaire actuel. Le sommet de juillet a apporté aussi des résultats importants pour la Roumanie, notamment en ce qu’il reflète l’attention portée par l’OTAN à la défense du flanc oriental et à la sécurité dans la zone élargie de la mer Noire.

La Roumanie est l'un des alliés qui contribue activement à la mise en œuvre des politiques et des décisions de l'OTAN, y compris en ce qui concerne l’allocation des ressources adéquates à la défense. En 2017, la Roumanie a enregistré l’une des plus fortes augmentations des dépenses pour la défense au sein de l'Alliance de l'Atlantique Nord et nous continuerons d’allouer 2 % du PIB à ce domaine dans les années à venir. La décision a été fondée sur un consensus national, multipartite et pluriannuel, et les avantages pour la Roumanie sont évidents en ce qui concerne la sécurité interne et la crédibilité externe.

Un autre thème positif de consensus interne, récemment inscrit sur l'agenda transatlantique, résultant principalement des efforts de la Roumanie, est l'Initiative des trois mers. La Roumanie en accueillera prochainement le Sommet et le premier Forum d’affaires avec le désir de favoriser et de capitaliser le potentiel de croissance économique et de développement de l’Europe centrale et orientale à travers un degré plus grand d’interconnexion. Par des nouvelles infrastructures, des nouveaux flux d'énergie et des flux numériques aussi libres que possible.

Ce sont les objectifs de l'Initiative que nous souhaitons mettre en œuvre avec les pays participants, avec les partenaires européens et américains. Pour la Roumanie, cette initiative est un pont transatlantique supplémentaire.

Nous nous réjouissons de l’essor que cette initiative a connu cette dernière année, tout comme nous sommes satisfaits de la dynamique enregistrée dans le format B9. Ils demeureront des priorités de notre politique étrangère, tout comme les autres organisations internationales où nous sommes présents, en Europe du Sud-est, dans la région de la mer Noire, mais aussi au-delà de notre région, dans l'ASEM ou en tant qu’observateurs de l'Alliance du Pacifique.

Un rôle particulier revient également à notre activité au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie. Dans cette organisation, dont font partie plus de 80 pays, la Roumanie est définie comme l'Etat phare de la francophonie dans la région de l’Europe centrale et orientale. Ce cadre de consultations sur des thèmes politiques et sociaux, de développement de la coopération économique, contribue de manière significative à la promotion du multilatéralisme.

Notre panoplie diplomatique prioritaire sera complémentée, dans la période à venir, par des formules flexibles adaptées aux besoins de dialogue et de coopération, sous la forme des trilatérales et de quadrilatérales déjà consacrées.

Si la diplomatie est l’un des piliers essentiels de la Roumanie centenaire, il est certain que les relations bilatérales sont le socle de la diplomatie. Nous suivons une tendance ascendante. Dans les années à venir et en 2019, nous préparons des évolutions conséquentes dans nos partenariats avec la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne - dont le ministre des Affaires étrangères nous fait l'honneur de se joindre à nous un peu plus tard dans la journée. Nous visons la dynamisation supplémentaire des partenariats stratégiques et spéciaux avec la Pologne, l'Italie, l'Espagne et la Turquie. Notre objectif est de maintenir une relation étroite avec les États de notre trio de présidences, la Finlande et la Croatie, mais aussi avec l’Autriche et avec des États qui ont déjà exercé des présidences du Conseil.

En commençant par nos voisins, la République de Moldavie, la Hongrie, la Bulgarie, certains d'entre eux étant des partenaires stratégiques, en continuant avec les voisins des Balkans - membres et futurs membres (nous espérons) de l’UE, avec des partenaires de l'Est comme la Géorgie et l'Ukraine, jusqu’au Caucase du Sud et l'Asie centrale, la dynamique des dernières années a été bonne et les dialogues de plus en plus cohérents et orientés vers des résultats concrets. C'est la tendance qui doit nous guider à l’avenir, en ajoutant de la profondeur par l'exercice du rôle de présidence du Conseil de l'UE.

Nos partenaires stratégiques et qui ont du potentiel stratégique sont également des États d’autres continents dont les économies se trouvent en pleine expansion. Notre dialogue avec la Chine doit rester soutenu et bien placé dans le vaste domaine de l’interconnectivité globale. La Corée du Sud, le Japon, l'Inde, le Brésil et le Canada ne sont que quelques-unes des relations que nous devons dynamiser davantage.

Pour les intérêts de sécurité et économiques de la Roumanie, mais aussi dans l’esprit d’une Roumanie globale, membre responsable et réputé de l'ONU, nous devons mobiliser de nouvelles énergies dans les relations traditionnelles avec les pays du Moyen-Orient et de Nord de l’Afrique. C'est un espace de grand intérêt, aux potentialités économiques, culturelles et de contacts interhumains, mais surtout important en ce qui concerne la sécurité régionale et globale.

La Roumanie continuera d’approfondir la relation à composantes stratégiques avec Israël en élargissant les domaines de coopération tout en renforçant ses relations avec l’ensemble de la région. Les liens politiques, commerciaux et d'investissement avec les États du Golfe seront également renforcés. La Roumanie continuera à s'engager dans les processus de résolution des crises du Moyen-Orient, avec le respect du droit international et résolutions de l'ONU dans le domaine en principes directeur. La diplomatie roumaine continuera à soutenir l’identification d’une solution durable dans le processus de paix au Moyen-Orient.

En même temps, la Roumanie soutiendra activement les efforts de solutionner, par des moyens politiques, le dossier syrien. Enfin, nous continuerons d’appuyer les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme, y compris dans le cadre de la coalition mondiale anti-ISIL/Daesh.

Deux composantes très importantes doivent être intégrées dans toutes ces relations bilatérales : l'activité consulaire au service des citoyens roumains et la diplomatie publique et culturelle. Elles jouent un rôle d'interface entre le service diplomatique et les citoyens roumains, mais aussi ceux de tous les États de résidence. En cette année de célébration du centenaire, la diversité et la créativité des projets mis en œuvre par les missions diplomatiques et consulaires et l'administration centrale du ministère des Affaires étrangères, pour célébrer ce moment crucial de notre nation, font l’honneur de la Roumanie.

Chers invités,

Chers collègues,

Au-delà de la célébration du Grand Centenaire, nous avons encore beaucoup de choses à accomplir et je parle d’objectifs majeurs, soutenus par nos citoyens.

 

En 2019, nous prendrons en charge la présidence du Conseil de l'UE pour la première fois – un véritable test de notre vocation européenne. Nous sommes déjà dans une nouvelle phase de notre devenir et affirmation externe.

Il est dans l'intérêt de la Roumanie que l'Union européenne surmonte durablement les problèmes et les dilemmes internes actuels et qu’elle continue à émerger en tant qu'acteur mondial crédible, influent, ancré dans un système complexe de valeurs et promoteur d'un ordre mondial multilatéral. La politique de la Roumanie est orientée vers le renforcement de la cohésion et la convergence et la promotion des valeurs européennes.

Je pense que nous pouvons contribuer à restaurer la confiance des citoyens en l’Europe et dans le projet européen. Le sommet du 9 mai 2019 sera le point culminant de ce test. Les leçons de l'histoire et les messages d'autres générations peuvent nous guider afin que, au 9 mai 2019, à travers l'unité et la vision stratégique, nous écrivions avec nos partenaires européens une nouvelle page de l'histoire de l'Union.

La négociation du prochain cadre financier pluriannuel sera un grand défi. Une Union qui se relance et qui veut écrire une nouvelle page de son histoire ne peut pas se construire sans un budget intelligent et viable, en particulier les fonds de convergence et de cohésion et la politique agricole commune. En 2019, il nous faudra aussi gérer du point de vue politique, financier, factuel et symbolique, au niveau de l'Union, la séparation du Royaume-Uni de l'UE.

Nous devrons contribuer de manière constructive et équilibrée à la gestion de tous les aspects liés au phénomène de la migration, qui continuera d’être un facteur de pression significatif sur les politiques et approches de l’Union.

En ce qui concerne nos priorités dans le domaine des affaires européennes vous discuterez plus en détail lors des sessions dédiées de cette réunion. Je souhaite partager à ce point quelques-unes des priorités dont la réalisation revient en particulier à la composante de l’action extérieure de l'UE. La présidence de la Roumanie du Conseil de l'UE vise à renforcer la vocation d'acteur mondial de l'Union, dans l’esprit affirmé par la stratégie globale de politique étrangère et de sécurité

Nous avons parcouru un exercice de réflexion et de planification soutenu, nous avons initié un dialogue informel avec le Service européen pour l'action extérieure afin d’aboutir à une liste de priorités convenues. Certaines choses essentielles peuvent déjà être préfigurées. Nous nous pencherons en priorité sur l'efficacité de l'action extérieure de l'UE, à travers des progrès dans les processus de mise en œuvre de la stratégie globale.

Nous sommes particulièrement intéressés par l'avenir de la politique de sécurité et de défense commune, à partir des progrès historiques dans ce domaine, en mettant l'accent sur l'équilibre militaire et civil et la valorisation supérieure des capacités civiles, de niche de l'Union. La complémentarité et la synergie d’action entre l'UE et l'OTAN constitueront également un point de référence pour notre action pendant la période de présidence du Conseil de l'UE.

Un autre objectif prioritaire de la présidence roumaine du Conseil de l'UE sera la cohérence des politiques de l'UE pour le voisinage oriental.

 

Dans ce chapitre, nous visons trois dimensions concrètes : promouvoir le Partenariat oriental - nous mettrons l’accent sur des domaines de coopération concrets et sur la mise en évidence des avantages au niveau social large du rapprochement de l’UE. En particulier, dans le cas de la République de Moldavie, nous nous proposons que notre futur rôle européen fasse ce partenaire européen mieux connu par l’Europe et, à l'inverse, qu’il rende l'Europe plus connue aux citoyens de la République de Moldavie, surtout que 2019 sera une année cruciale pour eux.

La seconde dimension de concrétisation du soutien de l'UE pour le voisinage visera l'implication accrue de l'Union européenne dans la région de la mer Noire. Nous nous concentrerons en concertation avec la Commission européenne sur un agenda sectoriel constructif qui puisse revitaliser la Synergie de la mer Noire et inscrire durablement ce thème à l’agenda prioritaire de l'UE.

Dans une perspective large sur le voisinage, nous nous impliquerons activement dans les relations entre l'UE et l’Asie centrale, y compris dans la révision de la stratégie de l’UE pour cette région, à partir de notre expertise et de notre présence diplomatique dans cet espace.

La stratégie de l'UE pour la région du Danube constitue également une composante importante, dont nous prendrons la présidence le 1er novembre 2018, pour une année. La superposition partielle avec la présidence du Conseil de l'UE aidera la Roumanie à atteindre ses objectifs pour la SUERD: relancer ce format de coopération, accroître sa visibilité et son impact.

Une autre préoccupation majeure de notre présidence concernant le rôle global de l'UE sera la tenue des engagements de l'Union, notamment par des progrès importants dans le processus d'élargissement dans la région des Balkans occidentaux. Nous entendons fructifier la continuité avec les présidences bulgare et autrichienne en faisant progresser les négociations avec la Serbie et le Monténégro et en ouvrant les négociations avec l’Albanie et la Macédoine.

Nous soutenons ces partenaires pour qu’ils entreprennent des réformes substantielles et en vue d’accroître le soutien de la société, en particulier des jeunes générations, pour la perspective européenne.

Toujours dans l'esprit de respecter les engagements pris, nous envisageons de placer un accent particulier sur le rôle de l'UE au niveau multilatéral, notamment par la coopération entre l'UE et les Nations Unies, mais aussi en ce qui concerne l'avenir de l'OMC. Un chapitre spécial sera notre participation soutenue à la négociation de l'accord-cadre qui orientera les futures relations de l'UE avec les pays en développement d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes – le soi-disant accord post-Cotonou.

Dans tous ces efforts et pendant toute notre présidence, un rôle particulier, sans précédent, revient à nos collègues à Bruxelles – la représentation de la Roumanie auprès de l'UE sera le fer de lance de cet exercice sur la plupart des dossiers. Toutes les institutions centrales qui y sont représentées et toutes nos missions diplomatiques doivent lui apporter tout le soutien nécessaire, le cas échéant.

La Roumanie, pour ses 100 ans de devenir et de consécration moderne, et la Roumanie, en tant que présidence du Conseil de l'UE, doit également jouer un rôle à l'échelle mondiale.

Nous avons les atouts et les arguments pour cela, nous devons les promouvoir plus intensément, par le travail de toute notre diplomatie.

Le multilatéralisme fondé sur des principes et des normes est vital pour qu’un État avec les intérêts et le positionnement de la Roumanie puisse bénéficier de ces approches. Tout comme dans l'entre-deux-guerres, la diplomatie roumaine est caractérisée par le multilatéralisme et la coopération régionale. La Roumanie peut contribuer à l'adaptation des Nations Unies par de nouvelles solutions aux problèmes globaux – c'est le message de notre candidature pour un siège non permanent au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies aux élections de juin 2019. Un pays - un vote signifie qu’à chacun d’entre vous qui participez aujourd’hui au débat il revient un rôle.

Les élections ne sont pas seulement gagnées à New York. Nous préparons intensément de nouvelles approches diplomatiques dans diverses régions du monde, dans les pays avec lesquels nous voulons relancer, ou, le cas échéant, initier un dialogue politique cohérent. Nous voulons mieux faire connaître nos arguments, notre message, mais aussi acquérir une expertise véritablement mondiale pour notre diplomatie.

Dans cette campagne, des efforts méritoires ont déjà eu lieu avec les trois tournées dans le sud de l’Afrique, dans les états insulaires des Caraïbes et dans ceux du Pacifique. À partir de cette année, nous tenons, en première pour la diplomatie roumaine, la présidence de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies. Cette année, la Roumanie a établi de nouvelles relations diplomatiques avec la République de Palau, Antigua et Barbuda, la République de Kiribati et la République de Vanuatu, et la coopération avec la Communauté des Etats des Caraïbes est en train d'être formalisée. Je compte sur une implication soutenue de toutes nos missions diplomatiques dans la période avant les élections pour assurer notre succès.

Des efforts externes soutenus et bien conjugués sur le plan interne nous ont également placé en position de candidat privilégié pour recevoir une invitation à rejoindre l'OCDE. C'est un objectif important de notre politique étrangère, par ses implications sur les politiques de développement en Roumanie, mais aussi sur le plan de la consécration internationale de notre pays.

Nous avons besoin de poursuivre l’activisme dans le même esprit de coordination de toutes les institutions et de promotion bien ciblée à l’étranger, et je suis convaincu que nous atteindrons cet objectif le plus rapidement possible.

En cette année du Grand Centenaire, je n’ai pas souhaité dresser un simple bilan de l'activité du ministère des Affaires étrangères. J’ai tenu à rendre hommage à la génération qui a fait la Grande Union. Fort de son exemple, regarder les grandes priorités de notre politique étrangère à court, moyen et long terme. La politique étrangère de la Roumanie et notre diplomatie doivent être prêtes à faire face aux avatars de l'histoire, mais aussi à imaginer de nouveaux idéaux, penser de nouveaux objectifs et participer à les transformer en réalités!

Merci à vous tous de votre attention!