Discours de la ministre des Affaires étrangères, Ramona N. Mănescu, à l'ouverture de la réunion annuelle de la diplomatie roumaine

Speaker: 
Ministre des Affaires étrangères, Ramona N. Mănescu,
Date: 
08/26/19

 

La diplomatie roumaine: points de repère et nouvelles perspectives

Bonjour et bienvenue!

Monsieur le Président du Sénat,

Madame la Vice-présidente de la Chambre des députés,

Chers membres du Parlement,

Chers membres du gouvernement de la Roumanie,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs et consuls généraux de Roumanie,  

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs accrédités à Bucarest,

Chers représentants du corps diplomatique roumain et du corps diplomatique à Bucarest,

Mesdames et Messieurs les députés européens,

Honorable audience,

Je ne pouvais pas commencer sans souligner, malheureusement, que depuis la dernière réunion annuelle de la diplomatie roumaine, Mihnea Constantinescu, un diplomate de tout premier rang, un homme parfait et un mentor, nous a quittés.

Des personnalités telles que l'ambassadeur Constantinescu ont placé le service public sur un piédestal de l’excellence et pour faire honneur à leur travail diplomatique, nous devons chercher, en redoublant de détermination, l'excellence dans la défense des intérêts de l'État.

Je voudrais maintenant vous inviter à garder un moment de silence à la mémoire de notre collègue.

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Je vous remercie.

J'ai récemment pris la fonction de ministre des Affaires étrangères, une tâche qui m'oblige et m’honore. J'ai eu l'occasion de connaître le haut niveau de professionnalisme et le dévouement du personnel du ministère des Affaires étrangères, tant au niveau central que de l’extérieur.

D'abord à partir de la distance imposée par la fonction de député européen, puis en tant que ministre. Maintenant, en tant que représentant et porteur du message du travail que vous faites.

Malgré le peu de temps passé au ministère, j'ai déjà eu l'occasion de vous rencontrer, de discuter avec plusieurs d'entre vous, d'entendre vos propositions et j'espère que nous allons les approfondir et les développer en marge de cette réunion.

J'avoue que je respecte profondément le travail que vous accomplissez au service de la Roumanie.

Vous êtes un corps d'élite de l'État roumain et la Roumanie est fière de pouvoir compter sur votre travail et votre sérieux.

La réunion d'aujourd'hui n'est pas simplement un moment d'auto-analyse du ministère des Affaires étrangères.

C'est également l'occasion d'examiner notre image dans la perception des autres: invités étrangers, autres institutions, médias, milieu des affaires et même le grand public.

La réunion 2019 de la diplomatie roumaine diffère des précédentes.

La période écoulée depuis 2018 est profondément marquée par la présidence roumaine du Conseil de l'Union européenne.

La présidence a sans aucun doute généré des résultats remarquables et une image positive dont nous sommes fiers.

Et je ne peux pas penser à une meilleure chance de respecter notre potentiel en tant que pays!

C’est un succès qui démontre la capacité institutionnelle, de concept, d’organisation, de bilan, de vision, de stratégie et de tactique dont la Roumanie a fait montre.

Ce succès était clairement visible de l’extérieur.

Les diplomates ont joué un rôle central dans cette présidence!

Et je vous félicite de l'avoir confirmé: l'institution de la diplomatie n'est pas simplement un porteur de messages externes.

Elle a réussi à générer des changements pour le mieux.

Nous contribuons non seulement à créer un profil adéquat pour la Roumanie dans le monde, mais, comme nous l'avons montré au cours des six premiers mois de cette année, nous avons contribué d'une manière significative au renforcement de la coopération au sein de l'Union européenne.

En même temps, nous avons aujourd'hui une perspective beaucoup plus large des 30 années d'évolution libre et démocratique de la Roumanie, manifestement marquée par de profondes transformations, y compris sur le plan extérieur.

Au cours de ces trois décennies, la noble mission, difficile mais aussi discrète de la diplomatie roumaine, était précisément la suivante: reprendre les aspirations de notre société, même ses recherches initiales, conduire les transformations dans le bon sens et les concrétiser en s'ancrant d'une manière irréversible dans la communauté européenne et euro-atlantique.

Le bien-être et le mode de vie actuels de la plupart des citoyens de Roumanie, ainsi que la sécurité dont nous jouissons, sont le résultat d'une profonde transformation.

Le succès de la transformation radicale de notre pays est également le succès de la diplomatie roumaine.

Dans ce processus, les facteurs externes et internes se sont souvent croisés, fournissant ainsi nos points de repère et nos perspectives. C'est pourquoi nous concevons une politique extérieure et un outil adéquat pour les relations internationales afin de soutenir les aspirations de la Roumanie dans ce domaine.

Aujourd'hui, nous jouissons réellement de la prospérité, de la liberté, de la démocratie, de l'énergie et de la connectivité numérique, d'un flux d'informations sans précédent, des citoyens et des capitaux, ce qui nous permet de pleinement apprécier la diversité européenne et de comprendre l'importance de la coopération internationale.

Ce sont les valeurs fondamentales que la diplomatie roumaine doit promouvoir partout dans son activité, aux côtés de nos alliés de l'OTAN, ainsi que des partenaires de l'Union européenne et des États qui pensent de la même manière sur tous les méridiens.

Nous devons nous engager dans un dialogue mondial afin de faire passer ces valeurs d'un niveau bilatéral à un niveau multilatéral. Pour qu’elles se retrouvent de plus en plus souvent dans la vie quotidienne des gens de partout.

Notre succès et celui de la communauté à laquelle nous appartenons ne doivent pas être considérés pris pour acquis. Ils ne doivent pas détourner notre attention des conflits et des inégalités, des menaces et des risques transnationaux, des angoisses nationales ou internationales qui ne cessent de nous presser.

Notre société doit être prête à bien gérer ces défis.

Encore plus en période d'incertitudes et d’ajustements globaux, la diplomatie joue un rôle essentiel dans le renforcement de la résilience.

Les succès sont toujours faciles à gérer et à communiquer.

Mais notre rôle, ces jours-ci, est de partager des évaluations et des analyses de tous les coins du monde, de rechercher activement des opportunités, de proposer des solutions pour gérer les incertitudes et de consolider les bases de nos futurs succès.

Dans ce contexte, je suis particulièrement heureuse que nous ayons avec nous aujourd'hui des partenaires fiables de la Roumanie, représentant les pays voisins partageant des positions et des intérêts communs, tels que la Bulgarie et la République de Moldavie.

Je m'appuie également sur le rôle spécial de l'ambassadeur Ischinger, coordinateur de la prestigieuse conférence sur la sécurité de Munich.

C'est un événement qui contribue de manière significative à la compréhension des turbulences que nous traversons et à garder notre attention éveillée.

Je souhaite que lors des prochaines réunions à Munich, nous puissions entendre la voix de la Roumanie plus clairement et plus fort, en particulier compte tenu le rôle substantiel que la Roumanie joue dans l'architecture de sécurité, dans la région de la mer Noire comme au niveau de l'OTAN.

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Ce que nous souhaitons pour la Roumanie et pour ses citoyens, c’est le développement économique, la paix sociale, la richesse culturelle.

Mais nous ne pouvons pas parler de tout cela sans parler de la sécurité.

La sécurité dont nous jouissons aujourd'hui, avec nos alliés et partenaires partageant des valeurs communes, ne devrait jamais être considérée comme allant de soi. La sécurité n'est ni un acquis, ni un privilège. C'est l'effet de nos actions. Nous avons tous un rôle à jouer pour la défendre.

Pour vous, en tant que diplomates, l'objectif de la sécurité de la Roumanie est intrinsèque à l'action diplomatique.

Toute discussion sur la sécurité commence par les risques et les menaces auxquels nous sommes tenus de réagir. Les risques ne cessent de changer de nature, de forme et de modalités de propagation.

Dans ce contexte, je pense que la Roumanie doit constituer une voix plus claire, plus articulée et, en même temps, pourquoi pas, plus sophistiquée au sein de l'OTAN et de l'UE, pour une compréhension commune des objectifs et en particulier des menaces communes.

Pour notre sécurité, une action stratégique commune est impérative et, pour y parvenir, nous avons besoin de plus de convergence dans cette culture de sécurité.

Nous devons susciter le soutien le plus large possible pour notre récit stratégique et de sécurité d’une manière uniforme.

La Roumanie doit capitaliser sur les partenariats stratégiques et les relations, tout d’abord avec les États-Unis et avec les principaux États européens: avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, mais il ne faut pas négliger le flanc oriental, les partenariats stratégiques avec la Pologne et la Turquie constituent un point d’ancrage dans la mission que nous avons pour soutenir la stratégie de sécurité.

Cet exercice a été très bien conduit, au niveau transatlantique et européen, pendant notre présidence. Nous ne devons l’arrêter, bien au contraire, nous devons continuer et capitaliser les résultats obtenus.

À 12 ans de l'adhésion, nous avons passé notre examen de maturité européenne.

Malgré la méfiance, nous avons produit des résultats pour la Roumanie et pour l’Union européenne. Nous avons montré que nous le pouvions, nous avons montré que nous pouvions être très bons en première ligne de la politique européenne, même si les prémisses sur lesquelles nous avons commencé n'étaient en aucun cas favorables à la Roumanie.

Mais les défis sont loin de s'arrêter là.

Dans le contexte d'une situation très compliquée engendrée par le BREXIT et par son retardement, la Roumanie doit poursuivre sa bonne coopération avec le Royaume-Uni, notamment dans la perspective d'une adaptation de notre partenariat aux nouvelles exigences et opportunités.

Très important: nos Roumains du Royaume-Uni ont besoin de savoir que nous mettons également ce partenariat à leur service, que nous défendrons leurs droits en tant que citoyens européens.

Le partenariat stratégique avec les États-Unis et les pays alliés de l'OTAN reste l'un des piliers de notre sécurité, car les problèmes qui se posent dans la région de la mer Noire se manifestent à des degrés et sous des formes variées, mais ils se manifestent d'une manière continue.

Au niveau de l'OTAN, la diplomatie doit se concentrer sur la modernisation des options de réponse de l'Alliance, y compris face aux menaces visées à l'article V.

L'OTAN est plus que jamais d'actualité et notre devoir, en tant qu'alliés fiables, est de contribuer à l'exercice de la solidarité à tout moment.

Au niveau de l'UE, l'accent devrait être mis sur l'approche intégrée des outils disponibles, à la fois sur les dimensions hard et soft.

Les débats sur l'Union de la défense vont certainement se poursuivre, de même que des progrès très concrets dans la politique européenne de sécurité et de défense. Ces progrès ont notre appui, et la Présidence roumaine du Conseil de l'UE les a encouragés.

La Roumanie doit rester impliquée et active à ce niveau. Nous devons nous assurer que les décisions prises à cet égard au niveau de l'UE sont celles qui conviennent aux priorités stratégiques communes pour l’avenir proche.

Nous devons éviter à tout prix que ces développements génèrent des coûts politiques plus lourds que leurs bénéfices futurs.

Comme toujours, la Roumanie peut être un facteur d’équilibre et de dialogue pour assurer la complémentarité entre les deux alliances, entre ce qui se passe au niveau de l’OTAN et au niveau de l’UE dans le domaine de la défense.

À cet égard, les tâches traditionnelles du ministère des Affaires étrangères s’ajoutent à la nécessité d’une activité de défense de notre image, de notre identité et de nos valeurs, de la langue et de l’histoire de la Roumanie, de la vision sur la place et le rôle de notre pays dans le monde contemporain, entre alliés et partenaires, jusqu’à une communication stratégique améliorée et plus efficace.

La guerre de l'information devenant l'une des armes redoutables de notre siècle, nous devons développer les mécanismes d'évolution et de préservation de l'image et du prestige de la Roumanie.

Je suis convaincue que nous discuterons également de certains sujets avec le ministre Nicolae Popescu, de la République de Moldavie.

Ces sujets intéressent nos gouvernements et nos sociétés, ce qui vaut également pour les transformations et les perspectives que nous avons chacun pour la Roumanie et la République de Moldavie.

Je suis particulièrement honorée qu'il ait accepté notre invitation pour ce moment, car nos relations restent primordiales pour tous les ministres des affaires étrangères de la Roumanie.

La Roumanie soutient la République de Moldavie dans sa quête d’intégration européenne, de réforme de l'État et de la société, priorités des citoyens moldaves.

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Chers auditeurs,

Les modalités d'action visant à promouvoir la politique étrangère, la place et le rôle de la Roumanie dans les institutions internationales, ses options et ses intérêts sont soumis aux évolutions continues.

Si nous avons besoin d'un corps militaire et de sécurité adapté aux menaces contemporaines, nous avons également besoin d'une diplomatie développée, professionnelle et compétente, capable d'empêcher l'amplification de ces menaces ou la matérialisation des risques pour notre pays.

L’instrument diplomatique doit être continuellement consolidé et professionnalisé, en fonction de ce qui se passe au niveau mondial.

La diplomatie économique, à son tour, présente des repères que vous connaissez fort bien, mais aussi de nouvelles perspectives. Nous parlons d'un nouvel environnement international, où la connectivité dicte les tendances.

Cette connectivité, déterminante pour nos sociétés mondialisées et pour leur avenir, constitue un stimulant à la croissance économique.

L’impact est donc multidimensionnel: milieu des entreprises, énergie, transports, recherche et innovation, sans oublier la culture et les relations interhumaines.

Notre prospérité dépend amplement des compétences de la diplomatie économique, de sorte que la mondialisation agira en notre faveur et capitalisera sur le cours actuel du monde dans lequel nous vivons.

Nous devons avoir le courage d’être plus actifs dans le débat qui se déroule actuellement au niveau international sur la façon dont nous faisons en sorte que la mondialisation génère plus d’avantages et plus de bien-être.

Sans prospérité et développement largement partagés, les défis iront croissant.

Promouvoir le rôle essentiel du multilatéralisme reste une question d'actualité, compte tenu en particulier de l'émergence de tendances dans les politiques de pouvoir, d'une tendance à relancer de nouvelles formes de domination et de sphères d’influence, et même de certaines formules de concertation sélective des grands acteurs qui veulent dominer le réalignement du monde.

La méthode communautaire et l'expérience que nous avons avec l'Union européenne en matière de négociation et de conclusion de compromis, comme nous l'avons vu et exercé pendant la Présidence, constituent une bonne leçon apprise, à savoir que les petits et les grands États puissent harmoniser leurs intérêts et prospérer ensemble, en vertu du principe de l'égalité souveraine.

De plus, à 80 ans du pacte Ribentropp-Molotov et 30 ans après l’effondrement du mur de Berlin, nous venons de commémorer la Journée européenne des victimes des régimes totalitaires. Nous devons dire très haut et fort que ces horreurs ne doivent plus jamais retourner, que ce comportement est inacceptable pour un État du 21ème siècle!

L'approche multilatérale doit être adaptée, mais ne doit en aucun cas être abandonnée.

Plus que jamais, le modèle de l’UE doit être promu et maintenu comme une alternative à l’exacerbation du jeu à somme nulle dans la politique mondiale.

Nous ne pouvons avoir la sécurité, la paix, le développement économique, la prospérité ou la solidarité internationale sans approches multilatérales cohérentes.

Notre présence dans des organisations telles que l'ONU, le Conseil de l'Europe, l'OSCE et les efforts d'adhésion à l'OCDE doivent à la fois contribuer à notre mission et permettre de maintenir et de réaliser le programme de politique étrangère de la Roumanie, d’une manière intégrée et connectée aux tendances, évolutions et perspectives mondiales, un moyen de réaliser les intérêts de politique étrangère de la Roumanie.

Je tiens à souligner en particulier l’adhésion à l’OCDE, un objectif qui doit fédérer les compétences et énergies de notre diplomatie.

La coopération régionale est, à son tour, l’un des moyens par lesquels nous devons poursuivre des objectifs économiques pragmatiques où nous pouvons contribuer à la création d’environnements régionaux favorables à notre développement économique.

Par conséquent, nous investirons davantage d'efforts et de ressources pour orienter la coopération régionale vers des résultats concrets et des projets spécifiques, qu'il s'agisse du voisinage occidental ou du voisinage oriental, ou des Balkans occidentaux, de la région étendue de la mer Noire, du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord ou de régions plus éloignées telles que l’Asie centrale, l’Asie du Sud-Est, l’Amérique du Sud ou même la région du Pacifique.

Dans notre région, nous avons démontré notre aptitude à élaborer des politiques et à imposer de nouveaux concepts et instruments englobant les intérêts stratégiques de la Roumanie.

La trilatérale Pologne-Roumanie-Turquie, format d’États partageant les mêmes idées, préoccupations et intérêts; Bucarest 9 - au sein de l’OTAN ou l’Initiative des Trois Mers, qui illustrent les outils modernes que nous connaissons et utilisons efficacement, renforçant ainsi et soutenant l’intérêt de nos partenaires et alliés de la région pour de tels projets.

Notre rôle dans la promotion de l’Initiative des Trois Mers a confirmé notre capacité proactive en matière d’infrastructure et de connectivité régionale.

Nous devons promouvoir de nouvelles infrastructures, de nouveaux flux d’énergie, des flux numériques aussi librement que possible, en coopération avec nos partenaires établis et pas seulement, ainsi que l’ouverture de nouveaux marchés et opportunités, ou de jalons essentiels de l’activité diplomatique.

Je propose que la diplomatie énergétique constitue une partie importante de l'activité et de l'action des missions de la Roumanie.

L'énergie est l'un des points de référence de notre approche stratégique et nous devons veiller à la protection de nos intérêts à moyen et long terme.

Les nouvelles perspectives dans le domaine du numérique, de la technologie et de la recherche requièrent l’adaptation de nos efforts, y compris diplomatiques, à ces nouvelles réalités et aux évolutions contemporaines qui nous offrent également des possibilités qu’on doit capitaliser pour le développement durable et la prospérité économique de nos citoyens.

Par conséquent, il est nécessaire d'établir des relations et de soutenir activement les relations avec d'autres États, en mettant l'accent sur l'innovation technologique, la recherche internationale, le transfert et l'importation de technologie.

Un point essentiel de notre intégration et de la connexion de notre potentiel aux flux internationaux est sans conteste la relance et l’adaptation continue des éléments qui constituent notre attraction en tant que partenaire crédible, loyal et précieux.

La diplomatie publique, scientifique et culturelle est une solution durable à ne pas abandonner.

Des projets majeurs, tels que la Saison culturelle Roumanie-France ou Europalia, que nous lancerons prochainement, ont pour vocation de renouveler l'image de notre pays et des liens que nous avons déjà avec nos partenaires, aux multiples échos, notamment en corrélation avec le prestige apporté par l'exercice de la Présidence du Conseil de l'UE.

En termes de perceptions, nous ne pouvons pas seulement faire référence à nos partenaires et à nos alliés, mais nous devons également être en relation avec beaucoup d'attention et de dévouement avec la communauté roumaine en dehors des frontières.

Elle doit avoir la conviction et la preuve de l'attention portée par l'État roumain.  

Nous avons besoin de connaître la communauté roumaine dans chacun des États dans lesquels vous êtes accrédité. Nous devons dialoguer en permanence avec eux, car cette communauté est une partie intrinsèque de la Roumanie que nous représentons tous.

En outre, le renforcement de la collaboration entre le réseau consulaire et la communauté roumaine est essentiel, à court terme, pour organiser les élections présidentielles de novembre.

Le dialogue nous permet d'identifier les défis ponctuels, et de nombreux chefs de mission ont déjà entamé des consultations avec des citoyens roumains de l'étranger.

Je vous en félicite et je vous encourage à continuer dans cette voie!

J'ai pleinement confiance en la capacité de chacun de vous de mobiliser et d'obtenir de très bons résultats dans cette démarche. 

L'activité consulaire au service des citoyens roumains, ainsi que la créativité des projets culturels que vous proposez, visant à maintenir le lien avec les citoyens roumains de l'extérieur, doivent rester une priorité.

Pour les collègues de la centrale, en particulier les départements d’appui à l’activité diplomatique, il est très important de pouvoir répondre de manière positive et en temps voulu aux demandes reçues des missions afin que nous puissions avoir une activité de représentation efficace et d’impact.

Parfois, ces activités sont, pour le dire clairement, difficiles ou limitées par des problèmes bureaucratiques-administratifs.

Nous avons montré que nous pouvions gérer le mécanisme administratif énorme et complexe d’une Présidence du Conseil de l’Union européenne, ce qui signifie que nous possédions la capacité professionnelle et logistique d’appuyer les activités concrètes et opportunes de nos missions diplomatiques.

Le Ministère des Affaires étrangères ne peut pas être plus compliqué que le Conseil de l'Union européenne.

Évoquant les jalons de notre diplomatie en 2019, nous ne pouvons ignorer la dimension symbolique de cette période, qui en dit beaucoup sur nos valeurs, et pas seulement sur l’histoire de ces dernières années.

Je tiens à souligner que le débat autour des valeurs n'est pas un exercice philosophique ou strictement symbolique.

Le temps présent exige des actions pour défendre et réaffirmer les valeurs.

Nous ne pouvons négliger la perception selon laquelle le modèle de démocratie libérale fait l’objet d’une contestation de l’extérieur, car il fait l’objet de doutes, d’interprétations et de relativisation des valeurs fondamentales de l’intérieur, et je parle ici non seulement de la Roumanie, mais de nombreux États, même de l’Union européenne.

La confiance du citoyen dans les institutions de la démocratie libérale est souvent assiégée et notre responsabilité en tant que fonctionnaires est de placer la confiance et la compétence là où il y a aujourd'hui trop de doute et trop d'incertitude.

C’est d’autant plus important dans la relation avec les jeunes, toujours mobiles et très compétents dans le domaine de la technologie, qui attendent des repères et le soutien de certaines institutions essentielles de l’État, telles que le ministère des Affaires étrangères.

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Chers auditeurs,

Dans une période d'incertitude, notre diplomatie doit rechercher et cultiver des certitudes,
tout en prêtant attention à la fluidité des contextes dans lesquels elle agit et à ses conséquences.

Notre construction est un continuum. Cela ne se termine pas un certain jour de l'année et nous donne ensuite des vacances bien méritées.

Notre construction doit continuer sur les critères mentionnés, mis en œuvre à plusieurs niveaux: du bilatéral ou multilatéral, des partenariats stratégiques aux nouveaux partenaires ou même aux premières étapes des relations bilatérales, comme ce fut le cas en Roumanie ces dernières années où nous avons établi de nouvelles relations bilatérales dans des zones plus géographiquement lointaines.

Nous allons beaucoup discuter avec vous ces jours-ci de l'évaluation de la Présidence du Conseil de l'UE.

Personnellement, j'estime que les succès de la Présidence devraient être un guide pour l'avenir, ainsi qu'une invitation à poursuivre avec la même ambition et la même détermination.

 

Je voudrais tout particulièrement remercier le ministre délégué aux Affaires européennes, George Ciamba, pour son énergie, sa persévérance et sa détermination, qui ont fait de la   Présidence du Conseil une carte de visite pour la diplomatie roumaine, ainsi que, bien sûr, toute l'équipe à Bruxelles, toute l'équipe de la centrale et tous nos représentants à l'étranger.

Tout ce que nous avons réalisé, qu’il s’agisse d’initiatives, de crédibilité ou d’expertise, doit être poursuivi afin de progresser dans tous les domaines dans lesquels la Roumanie a un intérêt national.

Je pense ici à adapter le partenariat oriental afin de bien répondre aux aspirations de la République de Moldavie, par exemple à l'avenir des relations de l'UE avec la région de la mer Noire, à l'élargissement de l'UE dans les Balkans occidentaux, aux relations UE-Turquie, respectivement à l'Asie centrale, aux relations avec la Chine, au partenariat avec l'Afrique, au rôle de l'UE dans le monde, notamment grâce aux liens étroits entre sécurité et développement et à notre engagement en faveur du multilatéralisme

C'est pourquoi nous vous demandons à tous de réfléchir, lors de nos débats à cette réunion et dans l'immédiat, aux leçons qui en ont été tirées.

Je vous demande en particulier de réfléchir aux avantages de tous dans les efforts diplomatiques de l’année écoulée, comment nous pouvons les utiliser intelligemment et clairement appliqués, comment nous pouvons accroître l’efficacité de nos actions: quels thèmes prioritaires nous voulons promouvoir, quels projets concrets nous souhaitons soutenir ensuite, quels leviers d’action et quels processus, quels contacts devraient être cultivés aussi intensément que l’année dernière, pour mettre en valeur tout ce qui a été déjà accompli.

Nous avons eu des initiatives de politique étrangère pluriannuelles dans lesquelles beaucoup d’investissements ont été faits, notamment en termes de ressources financières provenant du budget public.

Je pense que nous devons capitaliser davantage et que nous pouvons encore récolter de nouveaux avantages pour justifier ces investissements, au-delà des objectifs immédiats.

Nous avons prouvé que nous pouvions être une diplomatie à l’échelle européenne et mondiale et nous devons désormais investir avec prudence, efficacité et intelligence, afin de conserver le même champ d’application afin de confirmer la bonne réputation obtenue au mérite.

Je pense que nous devons faire plus, faire mieux, car il est évident pour tout le monde que la diplomatie roumaine a des ressources infinies.

Je vous remercie!